Un oeil sur le monde

L’usine est morte

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Alors qu’une nouvelle fois une usine menace de fermer, rappelons combien il est confortable de tuer purement et simplement usine plutôt qu’en réduire l’activité.


Le tonnerre social gronde en ce moment… De tous les côtés des salariés luttent pour sauvegarder leurs emplois, leurs acquis sociaux.
Un de ces combats attire particulièrement mon attention, il s’agit de celui des employés de Total.
Difficile dans le contexte moral actuel de ne pas se réjouir du recul de la demande en pétrole…
Cependant, ce qui se joue une nouvelle fois ici est la question de la concurrence des travailleurs, les ravages de la délocalisation.
Ruppert Barnes disait que Seuls les morts n’ont pas de problèmes, ainsi par extension, tuer celui qui peut nous causer du tort évite d’avoir à assumer les conséquences de ses actes.
Fermer une usine est l’équivalent économique d’un assassinat.
On ne parle pas d’affaiblir un être, de le blesser, de le pousser à disparaître progressivement, a lui faire accepter sa mort en réduisant l’activité et le nombre d’employés d’une entreprise, on parle bien de fermer purement et simplement l’usine, passer d’un coup d’un seul de vie à trépas.

Bien sûr, j’entends les remarques des pragmatiques, les syndicats veulent jouer les docteurs Franckenstein à ramener ou maintenir en vie ce qui n’est déjà plus…
Car un système comme le notre dans un monde hyper capitaliste n’est qu’une idéologie absurde ! Respecter ses employés, leur octroyer un salaire décent, voilà pure folie dans un univers de concurrence mondialisée.

Le problème de Total et de tant d’autres, ce sont ces morts-vivants, ces cadavres qui bougent encore et qui ont, à l’image des contis, toute leur capacité de nuisance.
A prétendre faire preuve de pragmatisme, on agit comme ceux qu’on condamne, on applique en économie la loi de la jungle, celle-là même que l’on a anéanti pour créer nos civilisations.
Et quand j’y pense, il est gonflé parler de morts quand on est les défenseurs d’un modèle économique parfaitement virtuel.

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