Juge Destruction
Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.
La suppression du juge d’instruction en 2 minutes, ce n’est pas une question idéologique, ni même une question politique, c’est une question de responsabilités.
La suppression du juge d’instruction en 2 minutes, c’est d’abord 30 secondes pour en expliquer les raisons… Les juges d’intruction ont souvent été montrés du doigt par les politiciens pour leur acharnement, leur marginalité, leur indépendance muée en irresponsabilité… Leur pouvoir est personnel, il ne peut être remis en question, et, pire que tout, parfois se trompent-ils.
Lorsqu’ils ne faisaient que s’acharner sur Jacques Chirac ou Charles Pasqua, il était difficile de s’attaquer de front à eux… Alors on a reproché à divers juges de remettre délinquants, pédophiles ou autres criminels récidivistes en liberté. C’est alors qu’est arrivé, tel le messie, le juge Burgaud. Un juge d’instruction s’en prenait aux honnêtes citoyens, il fallait réagir.
En 30 secondes, je rappellerai que cette réaction a pris la forme d’une commission parlementaire dans laquelle d’éminents représentants de toutes les forces politiques élues ont longuement travaillé. Consultations après auditions, réunions et reflexions, il est sorti de cette commission des propositions de lois semblant satisfaire tout le monde. Tout le monde ? Non, un petit président résiste… Et il ne veut pas de cette proposition d’apporter de la collégialité dans le travail du juge d’instruction et ainsi briser la solitude du-dit magistrat.
Pour lui, seul, le problème est ailleurs, le problème est l’impunité du juge, comprendre, l’indépendance.
Alors prenons une minute pour jeter un oeil à ces propositions du ministère de la justice…
Le juge d’instruction serait donc remplacé par le juge des enquêtes et des libertés, sachant bien sûr que les dénominations ont généralement pour mission de signifier l’exact contraire de la réalité, l’enquête est confiée au procureur de la république et la liberté… A « l’honneur et l’indépendance des magistrats » comme dirait Michelle Alliot-Marie.
Bien sûr, il serait odieux de prétendre que les procureurs ne seraient que des individus cariéristes et si peu soucieux de la démocratie qu’ils étoufferaient sans vergogne des affaires pouvant être génantes pour le pouvoir… Bien évidement, nous ne saurions jeter l’opprobre sur mesdames Alliot-Marie ou Dati, ni même sur Nicolas Sarkozy, les accusant sans preuve ni même de raison de vouloir briser les libertés publiques ou épargner les malhonnêtes.
Mais il sera bon de se demander si, comme pour la nomination des présidents de l’audiovisuel public, de telles mesures ne vont pas conduire à un phénomène inévitable d’auto-censure et si nous ne sommes pas en train de donner à un éventuel individu mal intentionné qui accèderait au pouvoir, toutes les armes pour qu’il n’ait pas à répondre de ses actes.
