Un oeil sur le monde

Orelsan, l’incompréhension

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2 minutes pour essayer de donner une autre lecture de “Sale Pute”, la chanson d’Orelsan.

Orelsan est un rappeur menacé de censure à vie pour une chanson du passé.

Expliquer la déprogrammation d’Orelsan aux Francofolies de La Rochelle en 2 minutes, c’est commencer par expliquer les circonstances…
Il y a quelques années, le rappeur Orelsan fait un clip pour illustrer une de ses chansons intitulée « Sale Pute », le clip buzz sur internet, passons.
Ensuite sort son album, il y révèle une fois de plus son talent pour l’écriture, une certaine violence dans les propos, aggravée par ce talent.
Franc succès, Orelsan déplace les foules à ses concerts, il n’interprète plus « Sale Pute », absente de l’album.
Cependant, cette chanson choque des personnalités politiques de droite et de gauche, par exemple la région centre retire le cachet du rappeur des subventions allouées au Printemps de Bourges.
Aujourd’hui, son passage aux francofolies est purement et simplement annulé…

La minute suivante, je vais tenter d’appréhender la chanson par qui vient le scandale…
Dans toute démarche scientifique, on ne peut se satisfaire d’empirisme, la seule observation des faits ne permet pas d’en extraire un enseignement sûr… Aussi faut-il prévoir le résultat avant de le voir se produire. Dans le cas de « Sale Pute », nul doute que de penser que cette chanson est un appel à la violence contre les femmes conduit presqu’immanquablement à y entendre cette condamnation.
Alors tentons une nouvelle approche, « Sale Pute » est l’expression violente d’un individu trahis par la femme qu’il aime, une haine à la hauteur de la souffrance ressentie, et plus encore, une haine exacerbée par l’impuissance totale de l’amoureux déchu…
Celui qui parle, menace, vocifère, s’agite, ne le fait qu’à travers une chanson, ou, comme le montre le clip, à travers le téléphone, à travers internet…
Voici le délire alcoolisé d’un individu qui souffre, une expression de la lâcheté des hommes, qui plutôt que subir ce qui leur paraît insupportable vont contre-attaquer avec leur moyens, leurs bien pauvres moyens. Finalement, à cet égard, « Sale Pute » n’est que la suite de « Ne me quitte pas », la chanson de Jacques Brel, on y retrouve la même impuissance, la même intensité pathétique, seul le contexte a changé.

Fort de cette interprétation, j’invite l’auditeur à retenter l’expérience, l’écoute des deux chansons, et puisqu’il me reste moins de 30 secondes, je me moquerais gentiment de la posture des Lorel et Hardy de l’UMP, trop contents d’apprendre que Ségolène Royal pourrait être derrière cette déprogrammation et qui viennent défendre ce qu’en toute autre situation, ils auraient condamné sans réserve, ni intelligence.

Orelsan – Sale Pute sur Youtube

Jacques Brel – Ne me quitte pas sur Youtube

2 Comments

    “« Sale Pute » n’est que la suite de « Ne me quitte pas »”, c’est osé, mais il y a du vrai là-dedans.
    En tout cas, c’est agréable d’entendre un écho sur cette chanson qui tranche avec la soupe pseudo-féministe habituellement servie à son sujet !

  • D’abord Merci Lucas.

    Je vous invite également à écouter cette chanson “pauvre Laura” (http://www.deezer.com/listen-1161754) du groupe Au bonheur des dames “groupe français de rock parodique des années 1970″ dixit wikipédia. Pour info ils étaient au grand Rex en 2006 sans qu’on ai entendu Létard, Royal ou Même Buffet. La première secrétaire du PCF (pet à son âme) s’est fendu de son premier communiqué AFP depuis 6 mois, alors que des usines ferment tous les jours, pour clouer au pilori Orelsan, “pauvre type égocentrique” comme il se nomme lui même.

    Les (nombreux) opposants d’Orelsan qui pulullent autour de moi aiment à croire que Sale Pute est un encouragement à frapper les femmes. Foutaise. Citez moi un mec qui ai frappé sa gonzesse à cause de cette chanson. Par contre, je peux vous raconter l’histoire de Julien, 17 ans, “fasciné” par Scream, comme il l’a avoué au policier après avoir poignardé sa voisine le 3 juin 2002, à Saint-Sébastien-sur-Loire. Que je sache, Scream est disponible dans n’importe qu’elle vidéo-club et peut être même dans les médiatèques de la ville de Paris, qui a retiré tous les albums d’Orelsan (qui ne comporte par la chanson Sale Pute)de ses rayons.

    Tout ça pour dire que vive le bon rap français, vive Orelsan et Skread “la seule équipe de Caen qui gagne en déplacement”.

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