Un oeil sur le monde

La république de Versailles

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Nicolas Sarkozy devant le parlement réuni à Versailles en 2 minutes, c’est avant tout une histoire de cérémonial.

On parle d’hyper président, de pouvoir personnel, de présidentialisation du régime… Et le voilà au parlement à exposer son programme devant un parterre d’élus dont on a assuré que les pouvoirs avaient été renforcés et qui ne doit piper mot avant que le chef n’ait tourné des talons.

Le lieu, Versailles, la garde républicaine en rang d’oignons, les applaudissements de la cour… tant de symboles qui nous font malheureusement penser à un passé révolu, à des rites anciens, à la monarchie.

Et pourtant le discours, les valeurs républicaines, un modèle de société devenu exemplaire et à la mode comme par miracle grâce à la crise, oubliant que cela fait bien longtemps que notre système de santé, par exemple, est un argument de campagne des démocrates aux États-Unis…

Un discours rassembleur, social, volontaire, la réforme dans la continuité de ce qui fonctionnait, pour mettre fin à ce qui ne fonctionnait pas…

On se serait cru dans un discours de candidat dont on ne sait pas s’il s’agissait de celui de 2007 ou de 2012…
Un discours pour être élu ? Étonnant pour une monarchie…

Un monarque élu ? Voilà qui aurait tendance à dangereusement rappeler à notre mémoire le dernier chef d’état français à s’être essayé à cet exercice.

Il fut le premier président de la république française, et lui n’avait pas le choix… Il devait se présenter chaque année devant le parlement pour expliquer son action. Elu en 1848 et deviendra en 1852 Empereur, je parle bien sûr de Napoléon III, napoléon le petit.

Mais alors, que fait l’opposition ? Elle se garde bien d’être claire… Le parti socialiste aurait pu rejoindre les verts dans leur décision de ne pas assister au discours, cela aurait certainement limité la portée symbolique de l’événement… Il aurait pu également accepter la règle du jeu telle qu’elle a été réécrite afin de contrer la majorité sur son propre terrain… Non, le PS a écouté le discours mais n’a pas participé au débat. Ils ont pris le parti de ne pas se montrer anti-sarkozyste primaires mais ont méprisé ce qui, dans cet événement, était véritablement républicain.

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