Un oeil sur le monde

Moraliser le capitalisme (part 1)

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Il faut moraliser le capitalisme !

Autant dire « il faut interdire l’égoïsme »… La naïveté de tels propos est navrante… Pas que je soupçonne nos hommes politiques d’être naïfs, au contraire, mais plutôt de simplifier, de « sloganiser » des idées par mépris à l’égard du bon peuple.

Une mise en perspective d’abord, il est bon de s’émouvoir en ce moment que des entreprises aidées par l’Etat, licencient, délocalisent et offrent à leurs patrons un bon paquet de biftons… Ce qui me coince la gorge c’est cette précision « aidées par l’Etat »… Il n’y a pas si longtemps, on avait pas besoin d’être aidé par l’Etat pour devenir l’ennemi public n°1, il suffisait du reste, les licenciements, les délocalisations et les fameux parachutes dorés… Promesse du candidat Sarkozy d’y mettre fin, je ne me souviens pas à l’époque qu’il ait seulement évoqué que ça ne concernerait que les entreprises « aidées par l’Etat »…

Dans la catégorie des Patrons qui choquent l’opinion, il y a le malhonnête… Celui qui juste après avoir mis son entreprise au bord de la faillite se récupère un petit million de stock options, des primes et autres joyeusetés en or massif… Celui qui va dire que de toutes façons c’était dans son contrat, qu’il faut bien payer décemment les patrons, et cetera…

D’ailleurs, c’est le même qui demandait à ses employés d’avoir une vrai culture d’entreprise, de défendre la marque, de se défoncer pour elle et qui va la planter et se barrer en lui faisant des jolis bras d’honneur…

L’autre catégorie, c’est l’incompétent… le jean-marie messier qui va foutre en l’air sa compagnie avant de récupérer des indemnités de licenciement hallucinantes et qui va revenir donner la leçon…

Attention tout de même, la notion d’échec n’est pas la même selon qui on est… Par exemple le licenciement ou la délocalisation, plus qu’un échec, c’est une bonne gestion de la part du patron qui fait grimper en flèche les actions à la bourse… Ce qui est catastrophique pour des milliers familles peut-être bénéfiques pour quelques autres…

Le problème à mon avis est que l’intérêt des actionnaires et celui des employés divergent tellement qu’ils en deviennent inconciliables… Le patron de l’entreprise devrait ainsi jouer un rôle d’arbitre entre les deux… Mais il n’est que l’employé de ses actionnaires et doit répondre devant eux… Son intérêt penche donc irrémédiablement du côté du profit… Avant de le condamner, et sans le plaindre, on ne doit pas oublier quelles sont ses obligations…

C’est à ce niveau là que doit intervenir le législateurs, il doit rendre aussi bénéfique au patron de contenter ses employés que ses actionnaires… Ainsi pourrait-on lui interdire de recevoir des primes s’il a d’une quelque manière supprimé des emplois… Il aurait ainsi l’obligation de satisfaire à la fois les deux parties afin d’en recevoir personnellement les bénéfices…

On peut imaginer qu’il sera obligé de faire preuve d’audace quand aujourd’hui règne la facilité et la vision à court terme… On peut par exemple envisager de transformer les compétences d’une usine afin de s’adapter au marché et non aller les chercher ailleurs…

Évidemment, tout ceci ne serait envisageable qu’à un niveau global, au niveau de la planète…

Musique : Les Sales Majestés – Les patrons

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