Un oeil sur le monde

L’enseignement de Deezer.com

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Selon un sondage représentatif de rien du tout, le site deezer.com se vante que 65% de ses utilisateurs ne vont plus sur les sites de téléchargement illégal… 20% autres affirment y aller moins souvent… Ça fait quand même un total de 85% !

On peut en déduire tout un tas de trucs sur l’industrie du disque, personnellement je trouve que ça en dit long sur la manière de consommer de la musique aujourd’hui en France.

Finie l’ère de l’écoute en dur sur CD… Finie également cette époque où on traquait les chansons à la radio pour les enregistrer sur notre magnéto cassette…

Les comportements ont changé car Internet les a changé, plus qu’hier nous sommes à l’ère de la consommation immédiate, celle de la consommation jetable.

Le consommateur veut pouvoir écouter un musique au moment même où l’envie lui en prend, il ne veut pas attendre pour écouter…

C’est ce que lui permettait le MP3 illégalement acquis, il se téléchargeait puis se stockait jusqu’à ce que l’envie de l’entendre se fasse sentir… La différence fondamentale avec le CD se situe là, certes les deux s’acquièrent avant écoute, mais le support disque implique que l’on va écouter la musique, le MP3 et sa dimension virtuelle enlève au produit son caractère concret, finalement, on ne possède le MP3 que quand on l’écoute…

Il n’est donc pas étonnant de voir des milliers de fichiers téléchargés sur un ordinateur… Et on peut comprendre le sentiment d’injustice du propriétaire de ces données quand on lui demande de les payer… Quelle est la valeur d’un MP3 non écouté ? Et celle d’un fichier qui n’aurait été lu que 2, 3 fois ?

N’est-il d’ailleurs pas injuste d’acheter un album et de se rendre compte qu’on ne l’écoutera pas, ou alors en partie seulement, eu égard la médiocre qualité de la musique proposée ? Ainsi comment en vouloir à un individu qui va au préalable télécharger un album dans son entier afin d’en connaître le contenu et ne pas subir la déception d’un produit au parfum d’arnaque… Le fameux syndrome de l’album avec seulement 1 ou 2 chansons « biens »…

La crise est une goute d’eau qui fait déborder le vase d’un constat sans appel, acheter un disque est devenu un investissement.

Depuis l’apparition d’Internet, l’industrie du disque a accumulé les conneries, une d’entre elles est de ne pas savoir faire la différence entre le disque et le MP3. D’où l’existence de Deezer. Évidement, Deezer remplace chez beaucoup le téléchargement illégal de fichiers musicaux parce qu’il offre gratuitement le seul service qui intéressait ces individus, le pouvoir d’écouter la musique qu’ils souhaitent immédiatement. Les majors, à coups d’accords, ont validé un processus qui pourrait être le premier véritable acte de concurrence à un domaine marqué par l’entente sur les prix et l’abus de position dominante.

Musique : Oldelaf et Monsieur D, “Avant” – L’album de la maturité

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